Historique du TPM

Les tout débuts (1984-85)

Les débuts du Théâtre du Petit Marly ne remontent pas à 1986, date de l’approbation de ses statuts, mais à deux années auparavant.

En automne 1984, la conseillère communale Martine Thiémard, en charge notamment de la relation avec les sociétés locales, publie une annonce dans le bulletin Marly-Information en vue de chercher des acteurs pour jouer une pièce de théâtre. Elle avait déjà trouvé le metteur en scène en la personne du journaliste à Radio-Fribourg Patrick Rudaz. Un mois plus tard, seule Canisia Berset s’était annoncée. Finalement elle réussit à convaincre d’autres connaissances à se lancer dans l’aventure : Jacqueline et Catherine Javet, Michel Kleisli, Dominique Bertrand et son amie Marie-Thérèse Emery, ainsi que Mary-Lise Hodler.

Les premières répétitions se déroulent au local des jeunes. La troupe jouera au printemps 1985 des extraits de Knock, de Jules Romain, et du Malade imaginaire, de Molière, devant le personnel et les résidents du Foyer Saint-Camille et des Ateliers de la Gérine.

Patrick Rudaz ne peut pas poursuivre sa collaboration, et la troupe se tourne alors vers André Galley, d’Ecuvillens, avec qui elle monte « Sisyphe et la mort » de Robert Merle. La pièce, d’une durée d’une heure, sera interprétée le 7 mai 1986 aux Rencontre théâtrales de Bulle et remportera un vif succès, selon le compte-rendu qu’en a fait La Liberté. Elle sera également jouée les 16 et 17 mai à l’Ecole secondaire de Marly Grand-Pré. La distribution compte alors Michel Kleisli, Martha Clément, Jacqueline Javet, Dominique Bertrand, Jean-Marie Savary, Roland Chavaillaz, Canisia Berset et Mary-Lise Hodler.


L’assemblée constitutive de novembre 1986

L’assemblée constitutive de l’association du « Thèâtre du Petit-Marly » et l’adoption des statuts suivent le 17 novembre 1986. Les membres fondateurs sont au nombre de 9 : Canisia Berset, Martha Clément, Françoise Jaquier, Marie-José Sauterel, Marie-Jeanne Lässer, Robert Hélou, Patrick Tavoli, Dominique Javet et Pierre-Alain Zumwald. L’assemblée élit Canisia Berset à la présidence, Patrick Tavoli à la vice-présidence, Marie-Jeanne Lässer secrétaire et Martha Clément caissière.

Redépart avec « La soupière »

Après le succès remporté par « Sisyphe et la mort », le TPM peine à retrouver un second souffle. Il semble que les membres soient divisés sur l’orientation à donner. Le comédien et artiste de cabaret libanais Robert Hélou, qui a succédé à André Galley, fait travailler la troupe sur des pièces d’Eugène Labiche, mais ce choix ne convient pas à tous. C’est à cette période que Marie-Jeanne Lässer aborde Herbert Wicht, instituteur à Marly et metteur en scène pour la jeunesse de Belfaux. Ce dernier accepte de reprendre les destinées de la jeune troupe. Il propose une pièce qui cartonnait à l’époque et qu’il avait déjà mise en scène et jouée à Belfaux : « La soupière », de Robert Lamoureux. La troupe se remet donc au travail. Trois représentations feront quasiment salle comble à Marly Cité les 4, 5 et 12 avril 1987. Un article paru dans La Liberté du 8 avril sous le titre « Théâtre du Petit-Marly, La soupière fait un tabac » donne des ailes à toutes celles et ceux qui ont permis la réalisation de cette pièce. Le journaliste concluait son article par ces mots: « Le Théâtre du Petit-Marly, qui en est à sa deuxième saison, a un bel avenir devant lui. L’accueil chaleureux que la population a réservé à « La soupière » prouve que cette jeune troupe est sur la bonne voie. »

La troupe s’est passablement renouvelée, avec une distribution qui comprend Marie-Jeanne Lässer, Herbert Wicht, Canisia Berset, Marie-José Sauterel, Martha Clément, Pierre-Alain Zumwald, Dominique Bertrand, Patrick Tavoli et Robert Hélou. Une équipe se forme autour du TPM pour collaborer aux tâches indispensables que sont la confection des décors (Michel Bovet), le maquillage (Dominique Berger, déjà présente à « Sisyphe et la mort »), la décoration (Christiane Cornut), les bruitages et les accessoires (Françoise Jaquier), sans oublier la souffleuse (Marylène Python).

Le choix du théâtre de Boulevard

Fortement encouragée par l’accueil du public qui en redemande pour les années suivantes, la troupe fait le choix de privilégier les pièces issues du répertoire du théâtre de Boulevard. C’est ainsi que depuis cette deuxième saison 1987, le Théâtre du Petit-Marly est toujours sur les planches. À ce jour, la troupe a joué au total 19 pièces depuis ses débuts.

- Sisyphe et la mort (1986)
- La soupière (1987)
- Le saut du lit (1988)
- Oscar (1989)
- Jeff (1990)
- Les deux vierges (1991)
- J’y suis… j’y reste (1992)

Cette dernière pièce a remporté à ce jour le plus grand succès de la troupe, avec 7 représentations ayant rassemblé près de 2'200 spectateurs, alors que 300 places étaient prévues à chaque fois.

La metteuse en scène Jacqueline Bächler a fait monter un décor de jardin d’hiver d’un château dotée d’une véritable fontaine avec eau courante sur scène. Décor hallucinant, habillements exceptionnels, distribution d’une grande richesse : la troupe n’a plus pu, les années suivantes, égaler un tel investissement de moyens et d’énergie, ni un tel succès.

Une certaine variété dans la comédie

L’année suivante, seuls trois parmi les acteurs habituellement fidèles, soutenus par deux nouveaux, se mettent à disposition pour jouer « On m’appelle Emilie », une comédie tendre et souriante de Maria Pacôme.
Suivent d’autres formes de comédie (policière, intrigante, sketchs …), sans pourtant abandonner le fond de commerce de la troupe: le théâtre de Boulevard. Depuis le milieu des années 90, le TPM va perdre progressivement son rythme de croisière, avec des « trous » de plusieurs années et de fréquents changements dans la distribution. Régulièrement, des actrices et des acteurs quittent provisoirement ou définitivement le bateau, prennent un congé sabbatique ou poursuivent leur collaboration sous d’autres formes ce qui amène le comité à chercher chaque fois de nouvelles forces vives.
Le succès reste cependant au rendez-vous, même s’il n’atteint plus celui de la fin des années 80 et du début des années 90.
 
Suivent donc :

- On m’appelle Emilie (1993)
- Piège pour un homme seul (1994)
- Peau de vache (1995)
- La bonne Anna (1998)
- Vacances de rêve (1999)


Changement de rythme

Depuis cette date, le rythme annuel devient lourd, les disponibilités de certaines et certains se font toujours plus difficiles. Le comité décide alors, pour maintenir la troupe sans essouffler les comédiens et toutes les personnes qui contribuent à la concrétisation d’une pièce, de passer à un tempo moins soutenu. Suivront dès lors :

- Le gros n’avion (2001)
- Joyeux Noël (2003)
- Le grand zèbre (2006)
- Le saut du lit (2007), reprise d’un autre immense succès pour les 20 ans du TPM
- Drôles de couples (2009)
- Quel scandale (2012)
- T’as raison Suzon (2014)

Et la suite se prépare actuellement avec « Kilt ou double » pour le printemps 2017.
Quelle belle aventure ! Mais comme toutes les troupes, il faut aussi du sang neuf. Le rythme d’un spectacle tous les deux ans (parfois trois) permet à la troupe de souffler et donne aussi l’opportunité à de nouvelles personnes de tenter l’aventure.

Bernard Bovigny, à partir des souvenirs et documents de Canisia Berset et Herbert Wicht